Oui Oui, chauffeur de taxi ou pourquoi j’aime lire

Pourquoi je lis
Pourquoi je lis.

« Oui Oui, chauffeur de taxi » a été le premier vrai livre que j’ai lu toute seule. Il y avait des chapitres, plus de 10 pages et était en format poche (et beaucoup d’images). Après mon exploit, je suis allée voir ma mère, fière comme un pou. L’histoire n’était pas aussi distrayante que « Les malheurs de Sophie » qu’on me lisait chaque soir. Mais je l’avais lu seule, comme une grande. C’est cette victoire qui me revient à chaque fois que je termine un livre. Oui oui, je suis grande parce que je lis.

Je suis profondément adepte du roman. J’aime qu’on me raconte des histoires. Le Colomb de la lune endormi fait du livre de Barjavel un moment déconcertant de ma courte carrière de lectrice. Ignatus de la « Conjuration des Imbéciles » ne cesse d’être le même prétentieux incompris qui me fait marrer. J’ai pleuré en fermant « L’amant » alors que « Modérato cantabile » était censé m’avoir vacciné de Marguerite Duras. Alors j’ai relu « Moderato Cantabile ». Bonne pioche pour cette fois là. Je me suis dit en lisant Boris Vian que certains mots avaient été inventés pour être rassemblés entre une majuscule et un point et faire d’une phrase un chef d’œuvre. Ce qui compte : avoir l’impression que l’auteur a tout donné. Je suis aussi exigeante que n’importe quel lecteur.

Conseiller le dernier lu

Je suis aussi profondément bavarde. Surtout quand il s’agit d’évoquer la lecture. Quand je rentre chez quelqu’un, je scanne la pièce à la recherche d’un livre avec toujours les mêmes questions : « Tu l’as lu ? T’as aimé ? » Souvent, je prends mon téléphone pour conseiller le dernier lu. Régulièrement, j’écris ces conseils sur ce blog mimolettres.fr.

Je refuse d’entendre que la lecture est une activité solitaire. Certes, il faut bien passer par le face à face avec les mots mais échanger autour d’un livre est tout aussi crucial à mon goût.

Je lis de manière désordonnée, transposition de mon enthousiasme. Un roman commencé m’attend toujours chez moi, chez mon ami et chez mes parents. On ne sait jamais, si j’oublie d’en prendre un. Un roman dans chaque port. Chaque ouvrage qui patiente est bien différent de l’autre : Mathias Enard en Bretagne, Suzie Solidor et Jane Austen en Loire Atlantique. Une chose reste constante, j’entame toujours la première page avec entrain.

Mon grand-père maternel n’était pas un lecteur assidu. Les polars prenaient place de temps en temps sur le rebord de son fauteuil. Par un heureux hasard, un jour, il est tombé sur « L’arrache-cœur » de Boris Vian. Il a dit : « C’est marrant ce truc ». Il avait trois moutons dans son champ. Il les a appelés « Noël, Joël et Citroën » comme dans le roman. C’est ce que j’aime dans la littérature, c’est quand elle se fait populaire. Chacun peut s’emparer d’un bouquin et l’ouvrir. Il peut en faire des critiques. Il peut en faire un spectacle de danse. Ou alors, il peut décider d’organiser un bal à la page où les cours de danse se mêlent aux mots des conteurs.

Il peut l’aimer, la trouver drôle et donner d’étranges noms à des moutons.

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